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Une survivante du cancer salue l’investissement dans une nouvelle plateforme d’intelligence artificielle

Gail Falconer-Klinck n’a pas de doctorat. Elle n’est pas médecin et n’a pas non plus passé des heures penchée sur des échantillons de tissus dans un laboratoire. Et pourtant, on peut dire sans risque de se tromper que cette enseignante de 64 ans qui a grandi à Sherbrooke, au Québec, s’y connaît en cancer.

En effet, elle a eu à composer avec le cancer plus souvent qu’à son tour dans sa vie. La première fois, c’est en 1997, quand son père meurt d’un lymphome. Puis, en 2002, un cancer du poumon emporte sa mère, qui n’avait pourtant jamais fumé. Sa sœur est emportée par le même cancer 15 ans plus tard.

Il y a sept ans, elle a un nouveau défi à relever, celui de devenir une survivante du cancer. Elle a d’abord reçu un diagnostic de leucémie lymphoïde chronique puis, il y a trois ans, un diagnostic de cancer du poumon. Malgré une opération chirurgicale et un traitement, le cancer du poumon récidive et elle doit subir de nouveaux traitements.

Heureusement, elle n’a aucune trace de cancer depuis maintenant deux ans. Pour elle, son attitude positive a joué un grand rôle dans sa guérison. Au cours de sa vie, Gail a appris beaucoup de choses au sujet du cancer : l’importance de le détecter tôt, les effets secondaires pénibles souvent associés aux traitements, et la douleur qu’il cause quand il emporte un proche. Elle fait aussi du bénévolat pour la cause et la soutient depuis longtemps.

« Le cancer, c’est vraiment une montagne russe personnelle, émotionnelle, et ça nous touche tous », affirme Gail, qui a enseigné pendant 25 ans en plus d’être auteure-compositrice-interprète. Depuis 15 ans, elle organise la Journée des écoles Terry Fox à l’École secondaire Massey-Vanier de Cowansville. « Alors quand il y a une percée qui ouvre des possibilités infinies pour améliorer la qualité de vie des gens atteints de cancer et augmenter le taux de survie, il y a de quoi célébrer. »

La « percée » que célèbre Gail est la création de la Plateforme de découvertes et de santé numérique (PDSN), une plateforme d’intelligence artificielle de pointe qui pourra examiner des mégadonnées composées des renseignements cliniques et génomiques de milliers de patients canadiens atteints du cancer. Cela permettra de déterminer les mutations génétiques en cause chez chacun des patients, de manière à définir le meilleur traitement possible pour chacun d’eux. Présente au lancement de la plateforme à Montréal en mai dernier, Gail y a pris la parole pour parler de l’importance de la PDSN pour les patients et leur famille – et pour les survivants qui, comme elle, veulent vivre au moins jusqu’à 93 ans.

Codirigée par l’Institut de recherche Terry Fox et imagia, entreprise d’IA, la PDSN a été lancée en mai 2019 grâce à un investissement de 49 millions de dollars d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada, dans le cadre de son Fonds stratégique pour l’innovation. La plateforme contribuera à faire de la médecine de précision une réalité dans la lutte contre le cancer et renforcera le Réseau des centres d’oncologie du Marathon de l’espoir, une nouvelle initiative visant à unir les instituts de recherche en oncologie du Canada pour faciliter la mise en commun des données.

« Pour des patients comme moi, ces nouvelles initiatives amélioreront la capacité des médecins à identifier les prédicteurs, à prononcer un diagnostic plus rapide et plus précis et à donner à chaque patient un traitement taillé sur mesure, en fonction du cancer dont il est atteint », explique Gail, originaire des Cantons de l’Est. « J’espère que l’impact de cette plateforme se fera bientôt sentir dans la salle d’examen de tous les oncologues du Canada. »